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HLM, POURQUOI LA CLASSE DIRIGEANTE LES AIME TANT ! 

 
Vincent BENARD

Auteur du livre

Le logement : crise
publique, remèdes privés

(Editions Romillat)

 

 

HLM...

L'actualité récente confirme en tout point les dérives du système HLM que j'expose dans l'extrait du livre mis en ligne sur ce site: de nombreux profiteurs du logement social ont un intérêt personnel au statu quo, et peu importent les effets secondaires néfastes que cette nébuleuse fait subir à la nation des gens ordinaire. Après l'affaire du chef de cabinet de Christine Boutin qui louait un HLM de... 190m2 (!!!) pour un prix d'ami (6,30€ du m2, dans un quartier ou les loyers privés se négocient au dessus de 25€ !) depuis 1981, ce sont d'autres gros poissons qui sont pris en flagrant délit d'occupation  de logement social alors que leur situation matérielle ne justifie pas.

Selon le quotidien Libération, Jean Pierre Chevènement, quoiqu' assujetti à l'ISF, occupe... DEUX logements HLM, l'un à Belfort, l'autre à Paris. Socialiste au grand coeur dans le discours, hypocrite dans les actes... Et je reste poli.

Ce n'est pas tout. Fadela Amara, secrétaire d'état à la ville du présent gouvernement, occupe aussi un logement HLM, "au prix du marché", affirme-t-elle. Toujours est il que son salaire de ministre lui permettrait de se loger dans le secteur privé. Sa directrice de cabinet, Mme Blanchard-Amelin, occupe quant à elle un 80m2 à 420 Euros/mois, alors qu'un loyer privé à Boulogne Billancourt pour une surface équivalente se négocie couramment 1500 Euros et plus. On devine  qu'avec de telles personnes en charge de la diriger, la politique d'aide au logement social a de beaux jours devant elle.
 

Libération nous informe que "(Mme Blanchard amelin) avait obtenu cet appartement il y a 23 ans quand elle était fonctionnaire au bas de l'échelle, puis sa carrière a progressé". Telle est la tare congénitale de tout système d'attribution à durée indéterminée de logements subventionnés: en admettant que toutes les attributions de logements soient honnêtes (ce qui fera rire tout connaisseur du système...), nombre de locataires en viennent très vite à dépasser les plafonds d'attribution: l'aide étant "prisonnière" du logement, elle devient un gaspillage de ressources au profit de classes aisées dès lors que les revenus du locataire progressent suffisamment.

La justification que cette personne donne pour continuer à bénéficier de cette situation laisse songeur:

"Je n'ai pas d'état d'âme par rapport à ça. Moi je pense qu'il faut que toutes les couches de la population soient mélangées, de façon à ce qu'on évite les ghettos et qu'on sorte de cette situation qui devient impossible, dans les banlieues par exemple"

J'ai toujours pensé que le concept de "mixité sociale" auquel cette dame se réfère implicitement constituait une prétexte bien commode pour continuer à octroyer des avantages indus à des clientèles électorales intéressantes. Mme Blanchard m'en apporte ici la preuve la plus éclatante.

Elle pousse l'hypocrisie jusqu'à affirmer que de la sorte, on évite la formation de ghettos. Mais elle oublie de préciser que  des personnes de son profil ne sont que très rarement installées dans les cités HLM les plus misérables, dans les "ghettos". Au contraire, les HLM qu'elles occupent sont très souvent bien intégrés dans un paysage urbain normalisé, et pratiquement rien ne distingue les "HLM" ainsi définis des immeubles de standing environnant.

Il existe un moyen bien plus économique d'aider les personnes à revenus modestes de se loger: le chèque logement mensuel- et dégressif, pour éviter les effets de seuil -. Attribué aux ménages sur des seuls critères de revenu, sur calcul automatisé du ministère des finances (rendant quasi impossible le "piston"), il permettrait à ces ménages d'abaisser leur taux d'effort soit pour payer un loyer dans un logement intégralement fourni par le secteurs privé, soit, dans un contexte d'offre libérée (que je propose par ailleurs dans le livre, mais c'est un autre sujet), d'abonder un emprunt.

Il permettrait d'attribuer l'aide à ceux qui en ont besoin, et uniquement à ceux là, et uniquement au moment où ils en ont besoin. Il permettrait de remettre aux bons soins du marché du travail toutes les bureaucraties qui vivent du logement social: effectifs pléthoriques des offices HLM, réduction drastique des services logement des communes et des directions de l'équipement... Il serait donc possible d'assurer une aide au logement bien plus efficace que le monstrueux système actuel, pour une fraction de son coût.

Le chèque logement permettrait à une personne modeste d'envisager de changer de logement quand son lieu de travail évolue, alors qu' actuellement, la peur de ne pas se voir ré-attribuer un logement social, difficile à obtenir vite sans relations, pousse les locataires à se maintenir coûte que coûte dans les logements qu'ils occupent, quitte à limiter leurs perspectives d'évolutions professionnelle.

Les défenseurs du statu quo (on comprend mieux pourquoi !) argueront que les aides à l'individu ne sont pas sans défaut, qu'elles sont partiellement absorbées par des hausses de loyer des logements bas de gamme, etc... Cela n'est vrai que dans un contexte d'offre étranglée, notamment par la réglementation foncière, comme cela est le cas actuellement. Mais que l'offre soit libérée et les personnes les plus aisées recommenceront à faire construire de nouveaux logements plus grands et confortables, libérant des logements anciens de bonne qualité en nombre suffisant pour maintenir leurs prix à des niveaux raisonnables, chèque logement ou pas.

Le président Sarkozy, dans son discours de Vendeuvre-lès-Nancy, a affirmé qu'il fallait mettre en oeuvre une obligation, pour les locataires à revenus élevés, une obligation effective de quitter leur logement social. Il vient sans doute de mesurer à quel point même dans son propre camp, les forces ayant intérêt à bloquer cette évolution sont importantes...

Le rafistolage du système HLM ne règlera rien. Seule une privatisation du parc social public, et un remplacement intégral de toutes les aides à la pierre actuelles par un dispositif unique d'aide à l'individu, sont de nature à aider efficacement les personnes à faibles revenu à pouvoir se loger correctement.


 

Vincent BENARD est auteur du livre LE LOGEMENT, CRISE PUBLIQUE, REMEDES PRIVES que vous pouvez trouver en cliquant ici.

Vincent BENARD entretient deux blogs, http://www.objectifliberte.fr/ et http://www.crisepublique.fr/

Janvier 2008

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