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Lorsque
jeudi 11 septembre, la Fédération nationale de
l'immobilier (FNAIM) a publié son indice d'évolution
des prix dans l'ancien, comme elle le fait chaque mois, le landernau
des sites d'immobilier s'est vu rempli par le tumulte : au-delà
d'une baisse constatée, qui n'étonne personne et qui
pourrait même s'expliquer par des variations saisonnières,
l'indice FNAIM venait de perdre brutalement près de 10
points, soit près de 5%, d'après la lecture
graphique. Sans explication, sans mention d'un tel chiffre dans le
reste du communiqué de presse. Quelques explications.
Comme vous pouvez le remarquer, dans le premier graphique la ligne 210 est atteinte, alors qu'elle ne l'est pas dans le deuxième.
Les courbes
« maisons » et « appartements »
n'ont pas évolué.
Seule
la courbe principale, celle de l'indice appartements et maisons
confondus, a connu une révision, révision qui affecte
l'ensemble des valeurs passées. En regardant les archives, on
peut constater que les courbes par type de bien n'ont pas bougé
d'un iota. C'est donc bien la pondération affectée aux
maisons et aux appartements qui a changé.
Or,
dans le passé, la hausse des maisons a été moins
vigoureuse que la hausse des appartements, pour des raisons,
là-aussi, de pondération : les appartements sont
plutôt situés aux centres des villes, qui sont les
secteurs qui ont connu la hausse le plus tôt, et dans les
proportions les plus importantes, en raison de leur caractère
plus recherché que les campagnes. De plus, c'est dans les
appartements qu'on trouve le plus de petites surfaces (studios,
chambres de bonnes) qui ont connu l'augmentation la plus sévère :
les primo-accédants ne pouvant plus se payer que ces biens-là,
alors que les grandes maisons de villes sont plutôt la cible
d'une clientèle de catégories socio-professionnelles
supérieures, qui se sont retirées du marché plus
tôt.
La
révision de l'indice pour accorder une plus grande place aux
maisons le tire donc, naturellement, vers le bas.
Comment
expliquer cette décision ?
La
FNAIM n'a pas communiqué à ce jour sur sa méthodologie
détaillée, son indice est donc naturellement très
opaque. Ils ont déclaré toutefois utiliser des
pondérations « reprenant les pondérations du
marché » tels qu'ils le constatent depuis 1995. La
phrase est ambiguë : utilisent-ils des pondérations
moyennes afin de gommer la distorsion statistiques liées aux
variations, d'un mois sur l'autre, du nombre de maisons et
d'appartements vendus ? Ou utilisent-ils la pondération
mensuelle ?
Jusqu'à
présent, les variations d'un mois sur l'autre montraient que
la part des deux étaient toujours identique. S'il s'était
agi d'un phénomène normal, il témoignerait un
très fort arrêt des transactions sur les appartements,
ce qui est très peu probable. Toutefois, c'est invérifiable
sans disposer des statistiques des notaires, qui ne seront publiées
que dans deux mois.
L'hypothèse
la plus probable est celle d'un changement de méthode décidé
par la FNAIM. Nous écartons l'erreur du stagiaire, pourtant
responsable dans l'histoire de la statistique de grands moments
d'hilarité (pour un statisticien, pour les gens normaux, c'est
tout au plus de quoi faire sourire légèrement).
Comment se
fier à cet indice ?
C'est
la grande question que pose cette révision des pondérations :
l'opacité était gênante, puisqu'elle empêchait
de comparer à d'autres indices, mais elles ne posait pas de
problème pour comparer l'indice à lui-même, à
deux dates différentes. Les « ruptures de série »
comme celle-ci l'empêchent, et doivent impérativement
être annoncées clairement, ce qui n'a pas été
le cas.
Dès
lors, il ne reste pas d'autre possibilité que de se méfier
de l'indice « mixte », et ne regarder que les
indices par type de biens. Qui posent, eux-aussi, d'autres problèmes,
que nous traiteront dans un autre billet.
Ou
alors reconstruire l'indice dans son ancienne pondération,
pour pouvoir faire un suivi du même au même. C'est
probablement la meilleure des solutions, car elle reste très
accessible : les courbes sont en ligne, et les variations
mensuelles sont publiées par la FNAIM. Il n'est donc pas
nécessaire de jeter le bébé avec l'eau du bain.
Les effets à
attendre sur l'évolution de la courbe.
Les
variations des maisons ont été moins dynamiques à
la hausse : elles le seront naturellement à la baisse, ne
serait-ce que parce qu'elles atteindront plus rapidement leur prix
plancher. De plus, la courbe des maisons a déjà entamé
son retournement à la baisse depuis plusieurs mois : la
courbe générale ne subira donc plus autant l'effet de
la baisse insufflée par les appartements, à mesure que
le marché se retourne. La nouvelle pondération va
rendre l'indice moins réactif à la baisse, vu que près
de 5% de hausse ont été effacée dans la
transition.
L'indice ne
va pas aider à faire comprendre la baisse aux vendeurs.
Alors
que les notaires communiquent sur le très fort ralentissement
du marché, la solution pour éviter une crise serait de
conserver au marché une certaine fluidité. Cela n'est
possible que si les vendeurs acceptent de réviser leurs
prétentions à la baisse, et qu'ils intègrent
donc l'idée de limiter les pertes (ou de prendre des
bénéfices, dans le cas général) aussi tôt
que possible. Comme le dit l'adage boursier, mieux vaut se couper une
main qu'un bras... Et c'est là que la communication des
professionnels est importante : en minimisant la baisse et le
retournement, ils incitent les particuliers à attendre, et ne
font, au final, qu'amplifier la crise !
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